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Facteur d’instruments à vent

Document réalisé par la CSFI - Chambre syndicale de la facture instrumentale

> L’instrument

Le son des instruments à vent résulte de la mise en vibration de la colonne d’air qu’ils contiennent

- les réactions de cette colonne d’air vibrante se trouvent modifiées dans le cas d’un instrument de

perce cylindrique ou de perce conique -.

La famille des instruments à vent est classée en deux catégories.

Les bois, comportant les instruments à trous, qu’ils soient à « bouche », à anche simple ou

double, cylindrique ou conique, à savoir la flûte, le hautbois, le cor anglais, le basson, la clarinette et

le saxophone – Remarquons que la flûte et le saxophone sont classés dans les bois, bien qu’ils

soient en métal.

Les cuivres, comprenant les instruments à embouchure, qu’ils soient à pistons ou à coulisses,

à savoir le cor, la trompette, le cornet à pistons, le trombone, le tuba...

Le jeu musical de ces deux catégories d’instruments repose sur l’utilisation d’un corps sonore dont

la variation de longueur va être déterminée par l’ouverture et la fermeture des trous – dans le cas

des bois - et/ou l’utilisation des coulisses ou des pistons dans le cas des cuivres.

Un instrument de musique est un compromis entre plusieurs paramètres (un son, une émission,

une justesse, une homogénéité, un rayonnement). La recherche en facture instrumentale est loin

d’être statique et repose toujours sur l’optimisation de ces paramètres touchant l’acoustique et sur

des systèmes mécaniques toujours plus fiables favorisant la vélocité de l’instrument.

> Le métier

Comme dans un certain nombre d’autres cas, concernant les familles d’instruments à forte

complexité mécanique (piano, accordéon), l’appellation de « facteur » doit être bien explicitée. A

l‘exception de quelques artisans-fabricants de haut niveau, positionnés sur des instruments de haut

de gamme quasiment personnalisés (en flûte ou en cuivres notamment), la fabrication proprement

dite des instruments à vent est industrielle (saxophone, clarinette), semi-industrielle ou en tous cas

partiellement mécanisée (hautbois) et réalisée en travail « posté » même si, dans tous les cas, les

opérations de fabrication passent par de nombreuses étapes manuelles dont certaines nécessitent

un haut niveau de pratique et d’expérience (tourneur, clétier, chaudronnier, monteur, finisseur).

Ces métiers spécifiques nécessitent une formation longue. A titre d’exemple, l’acquisition du

savoir-faire pour un pavillon de saxophone alto chaudronné à la main est de l’ordre de 10 à 12

mois. La réalisation de la pièce comporte plusieurs opérations qui se composent de la découpe du

flanc, de sa mise en forme ébauchée par martelage à l’aide d’un marteau boule sur un tas en bois,

sans oublier le façonnage sur une forme à l’aide d’un maillet, avant d’effectuer les étapes de

brasure, bordage, bufflage… Aujourd’hui, la mise en forme des pièces chaudronnées s’effectue de

plus en plus sur machine, par emboutissage des pièces sur presse hydraulique.

Si un certain nombre d’artisans exercent exclusivement en qualité de sous-traitants la maintenance

des instruments, c’est dans la petite ou moyenne entreprise associant magasin et atelier de

maintenance que va s’exercer prioritairement l’activité de la majorité des « facteurs d’instruments à

vent », (désignés aussi sous le titre de « luthier vents »). Rappelons que 60% des entreprises

artisanales de la facture instrumentale n’ont pas de salarié. Le facteur doit donc le plus souvent

organiser sa fonction en assumant tant la dimension proprement technique de l’activité que la

dimension commerciale mais aussi culturelle de son activité. Il est le plus souvent le premier

interlocuteur des musiciens, des harmonies, des écoles et conservatoires. Son activité va donc se

développer dans une patiente attention aux pratiques musicales existantes. La relative facilité

d’accès à un premier niveau de pratique musicale collective donne en effet aux instruments à vent

une popularité que le facteur a à coeur de développer et d’encourager. Le développement de.l’activité professionnelle va être étroitement lié à cette capacité d l’artisan d’apporter un service de

grande qualité, tant sur le plan technique que dans le conseil à la clientèle. Comme dans les autres

secteurs instrumentaux, une expérience et une pratique de plusieurs années est nécessaire pour

maîtriser la complexité des tâches techniques sur des instruments très différents, voire pour se

spécialiser dans un ou plusieurs instruments. C’est à cette condition impérative que le jeune

professionnel pourra éventuellement s’interroger sur la faisabilité d’une installation à son compte,

en France ou même à l’étranger compte tenu d’opportunités réelles dans des pays qui ne disposent

que de très peu de personnel qualifié. Il devra alors procéder à une petite étude de marché, qui

prenne en compte tant les besoins sur le terrain que sa capacité à s’inscrire dans un réseau de

distribution intégrant les marques les plus réputées.

Sur le plan technique, le facteur d’instruments à vent va assurer toutes les opérations de

maintenance courante sur les différents instruments à vent : réglage, retamponnage des bois,

débosselage des cuivres, polissage, changement de pièces… Suivant la rareté des instruments, il

peut être amené à réparer, voire à fabriquer certaines pièces ou parties de l’instrument.

> La formation

Elle se doit de répondre aux besoins du métier en intégrant les exigences très complètes du profil

décrit ci-dessus :

En France, le CAP « d’assistant technique en instruments de musique », option instruments à

vent, nouvellement créé en 2001, a succédé à l’ancien CAP de « facteur d’instruments à vent », qui

ne répondait plus à ces exigences. Le CAP ATIM intègre la méthodologie de toutes les opérations

techniques de base en atelier de maintenance, de façon à acquérir un premier niveau opérationnel

d’intervention sous contrôle d’un professionnel expérimenté : retamponnages, réglages,

débosselages, soudure, brasure…Outre les matières technologiques comme l’histoire de la

musique, le dessin technique et la technologie de spécialité (physique, mathématiques, chimie

élémentaires), le diplôme intègre aussi désormais l’organologie, l’acoustique, la pratique et la

formation musicales, mais aussi la gestion, la vente, la communication et l’informatique.

Depuis la rentrée 2003 est entré en vigueur un « Brevet des Métiers d’Art de technicien en

facture instrumentale », option instruments à vent, qui intègre un fort approfondissement

technique, notamment au plan de la connaissance des process de fabrication, l’objectif étant

d’arriver à une véritable capacité de spécialisation technique et de travail en autonomie, susceptible

de déboucher sur un rôle d’encadrement. En outre, le BMA prévoit l’approfondissement de la

connaissance de l’entreprise et de son environnement culturel.

Se former en France :

ITEMM (Institut technologique européen des métiers de la musique)

71, avenue Olivier Messiaen - 72000 Le Mans Tél. : 02. 43. 39. 39. 00 - Fax : 02. 43. 39. 39. 39

Mail: contact@itemm.fr - Site : http://www.itemm.fr

Les formations sont réalisées prioritairement par la voie de l’apprentissage (16-25 ans) en 2 fois 2

ans pour respectivement le CAP et le BMA. Pour les publics qui ne peuvent s’inscrire dans

l’apprentissage, une formation à temps plein d’une année (dont un mois et demi en stage) permet

de préparer le CAP. Certains stagiaires (demandeurs d’emploi ou en reconversion notamment),

peuvent alors bénéficier d’une prise en charge totale ou partielle au titre de la formation continue.

> Le profil de candidature

Il n’y a pas de profil défini de façon catégorique ; toutefois, outre une bonne capacité manuelle,

cela constitue un plus d’avoir un bon niveau de culture générale (une majorité de jeunes en

formation a aujourd’hui le BAC), une formation et une pratique musicale de base, mais surtout un

esprit d’ouverture au métier et une bonne lucidité sur le parcours à accomplir. En matière de pré-2.requis, des formations spécialisées peuvent aussi constituer un bon argument d’entrée en formation

(mécanique, chaudronnerie…) et pourquoi pas, ultérieurement, de spécialisation.

Le jeune qui signe un contrat d’apprentissage est automatiquement accueilli au CFA. Mais il lui

faut d’abord convaincre une entreprise de sa motivation et de son potentiel ! Les jeunes en

formation à temps plein doivent satisfaire à des tests généraux et à un entretien. Dans tous les cas,

la motivation est déterminante.

Ecoles à l’étranger :

Angleterre :

Newark and Sherwood College

Friary Road, NEWARK NG 24 1PB – Nottinghamshire

Tél. : 00 44 1636 680 680 – Fax : 00 44 1636 680 681

Mail : enquiries@newark.ac.uk

www.newark.ac.uk

Allemagne :

Oscal-Walcker-Schule Ludwigsburg

Römerhügelweg 53 – 71636 Ludwigsburg

Tél. : 00 49 7141 4449 100 – Fax : 00 49 7141 4449 199

Mail : sekretariat@ows.lb.de

www.ows-lb.de

> Les perspectives professionnelles

En France, on estime à quelque 500 le nombre des entreprises concernées par le secteur des

instruments à vent, du fabricant industriel ou de l’artisan au distributeur d’instruments, soit environ

1500 salariés. Si l’on considère qu’en France 20 à 30 jeunes sont formés chaque année, le secteur

technique et technico-commercial peut absorber sans difficulté ce flux. On peut considérer que

70% au minimum des jeunes formés trouvent un emploi dans le secteur dans les 6 mois qui suivent

la fin de la formation. Mais il est impératif de savoir que l’emploi va aussi (voire d’abord ?)

dépendre non seulement de la compétence technique et du potentiel du jeune, mais aussi de sa

volonté, de sa motivation. Dans ces métiers de tradition, de savoir-faire, de relation avec des

professionnels expérimentés, la qualité de l’engagement du jeune « dans le métier » est tout à fait

fondamentale. Là comme dans les autres secteurs instrumentaux, l’accès au métier de facteur reste

avant tout une aventure personnelle. Enfin, on notera que pour un jeune bénéficiant d’un bon

niveau et d’expérience, les perspectives de débouchés à l’étranger pour les réparateurs

d’instruments peuvent être intéressantes, beaucoup de pays n’ayant que très peu de techniciens

spécialisés.

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