John Williams
Article paru dans l'édition du 06.03.05
IGNORÉ de la plupart des dictionnaires de la musique, John Williams est le compositeur de musique symphonique le plus écouté des jeunes - et des moins jeunes. Depuis trente ans, ce New-Yorkais de 73 ans est l'auteur des partitions qui accompagnent la plupart des films américains d'envergure : ceux de Steven Spielberg, les cinq Star War de George Lucas, les trois Harry Potter... Cinq Oscars et quantité de prix ont consacré une réussite artistique dont le succès pourrait faire croire qu'elle allait de soi. Pianiste de formation, John Williams travailla d'abord dans les studios d'Hollywood comme accompagnateur puis comme arrangeur.

 

Il se lia d'amitié avec le compositeur d'Hitchcock, Bernard Hermann, et réalisa des orchestrations pour Alfred Newman, Dimitri Tiomkin ou Franz Waxman. Travaillant aussi pour la télévision, adaptant Un Violon sur le toit, il trouva dans les films de Spielberg et de Lucas l'occasion de renouer, dans les années 1970, avec les fastes de la grande musique symphonique de l'âge d'or du cinéma hollywoodien. Une musique nourrie de Mahler, Tchaïkovski, Strauss, si parfaitement interprétée par le London Symphony Orchestra, et d'une intimité si évidente avec les images, que les jeunes auditeurs ne l'entendent pas comme de la musique de grand-papa. Anne-Charlotte Rémond a choisi de mettre en regard la partition d 'Harry Potter et celle du Lac des cygnes, soulignant les points communs (prédilection pour les cors, pour les cordes, effet " magique " du célesta) et analysant la façon dont les leitmotive collent aux personnages et créent des atmosphères.

Les musiques de John Williams sont une porte ouverte sur une culture à laquelle le jeune public n'a pas accès ou qu'il refuse d'ordinaire.

Gérard Condé